Technologie du futur : les algorithmes meilleurs que les cardiologues ?
La technologie du futur se fera-t-elle sous le signe de l’intelligence artificielle ? Dans le domaine médical, les algorithmes rivalisent déjà avec les spécialistes pour diagnostiquer et prédire les maladies cardiovasculaires. Une révolution prometteuse - qui repose entièrement sur nos données de santé, les plus sensibles qui soient.
Quand l'IA s'attaque à la première cause de mortalité mondiale
Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité dans le monde. Face à cet enjeu, universités et entreprises ont développé des plateformes capables de diagnostiquer et de prédire les défaillances cardiaques grâce à l’intelligence artificielle - et plusieurs d’entre elles affirment que leurs systèmes dépassent les cardiologues en précision et en fiabilité.
Le principe est toujours le même : entraîner des algorithmes d’apprentissage automatique sur d’immenses volumes de données médicales - électrocardiogrammes, dossiers patients, mesures issues d’objets connectés portés au quotidien - jusqu’à ce qu’ils sachent repérer des motifs invisibles à l’œil humain.
Les résultats sont impressionnants. Des chercheurs de l’université de Stanford ont mis au point un algorithme capable d’identifier plus d’une dizaine de types d’arythmies cardiaques en analysant les électrocardiogrammes de dizaines de milliers de patients à risque, mesurés par un capteur porté pendant deux semaines. Leur plateforme a dépassé les performances moyennes d’un panel de cardiologues expérimentés dans la précision du diagnostic. De son côté, l’université de Nottingham a démontré qu’un système d’apprentissage automatique nourri des dossiers de centaines de milliers de patients pouvait identifier les personnes les plus susceptibles de subir un accident cardiaque - mieux que les grilles de risque classiques utilisées par les médecins.
Le mouvement s’est depuis généralisé : des solutions d’analyse d’électrocardiogramme par IA ont reçu l’autorisation des autorités sanitaires, comme la FDA américaine, pour détecter des troubles du rythme tels que la fibrillation atriale, et les grands groupes technologiques investissent massivement dans l’analyse de données médicales par intelligence artificielle. Même nos montres connectées embarquent désormais des algorithmes de détection d’anomalies cardiaques.
Pourquoi les algorithmes font-ils parfois mieux que les médecins ?
Si l’intelligence artificielle rivalise avec le praticien, c’est qu’elle ne se limite pas aux facteurs de risque classiques - âge, cholestérol, tension, données sociodémographiques. Elle prend en compte des milliers d’interactions subtiles au sein du système biologique, des corrélations qu’aucun humain ne pourrait extraire de centaines de milliers de dossiers. Et contrairement au médecin, elle ne fatigue pas, ne se déconcentre pas et analyse un tracé en quelques secondes.
Les enjeux dépassent la seule prouesse technique. Détecter plus tôt, c’est traiter plus tôt : des vies épargnées, mais aussi des économies considérables pour les systèmes de santé - les maladies cardiovasculaires figurent partout parmi les postes de dépenses les plus lourds, se chiffrant en centaines de milliards de dollars par an dans les seuls pays développés.
Faut-il pour autant craindre le remplacement des médecins ? La plupart des acteurs du secteur présentent ces systèmes comme des outils d’aide à la décision : l’algorithme trie, alerte et suggère ; le médecin contextualise, confirme et décide. Le futur le plus probable n’est pas l’IA contre le cardiologue, mais le cardiologue augmenté par l’IA.
La face cachée : vos données de santé sont une mine d'or
Toute cette révolution repose sur un carburant unique : les données. Des données de santé, les plus intimes et les plus sensibles qui soient - rythme cardiaque, pathologies, traitements, habitudes de vie, sommeil. Elles sont collectées en continu par nos montres, bracelets et applications, transmises à des serveurs, agrégées, analysées, parfois partagées avec des partenaires ou des assureurs.
Le problème n’est pas la recherche médicale, strictement encadrée. Le problème, c’est tout l’écosystème qui gravite autour : applications de bien-être qui revendent des profils, objets connectés mal sécurisés, fuites de données massives chez des acteurs de santé. Entre de mauvaises mains, votre profil cardiaque peut peser sur une prime d’assurance, une embauche ou un crédit. La technologie du futur ne doit pas se construire au prix de votre vie privée.
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À propos de l'auteur
Rédactrice du blog Le VPN
Julie Perrin écrit pour le blog Le VPN sur la vie privée en ligne, la sécurité et l'usage pratique d'un VPN au quotidien. Ses articles aident les lecteurs à mieux comprendre les sujets liés à la sécurité numérique et à tirer le meilleur parti de leur connexion VPN.
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