RSF vise la cybercensure avec Collateral Freedom
Chaque année, le 12 mars, à l’occasion de la Journée mondiale contre la cybercensure, Reporters sans frontières (RSF) ne se contente pas de publier des rapports : l’ONG passe à l’action. Son opération Collateral Freedom, lancée en 2015, consiste à rendre de nouveau accessibles des sites d’information censurés dans les pays les plus répressifs. Une décennie plus tard, l’opération se poursuit et s’est même amplifiée. Voici comment elle fonctionne, pourquoi elle porte ce nom, et ce qu’elle nous apprend sur la lutte contre la censure en ligne.
Le principe : des sites miroirs « imblocables »
Quand un gouvernement bloque un site d’information, il inscrit son adresse sur une liste noire appliquée par les fournisseurs d’accès du pays. La parade de RSF est simple dans son principe : créer des sites miroirs - des copies conformes du site censuré, hébergées à d’autres adresses.
Des miroirs classiques finiraient vite bloqués à leur tour. L’astuce de Collateral Freedom est de les héberger chez les grands fournisseurs de cloud mondiaux - des infrastructures massivement utilisées par les entreprises des pays censeurs eux-mêmes. Pour bloquer un miroir hébergé sur ces plateformes, les autorités devraient bloquer des pans entiers du cloud mondial, et avec eux des milliers de services dont dépend leur propre économie. D’où le nom de l’opération : la censure aurait des dommages collatéraux économiques que la plupart des régimes hésitent à assumer.
Cette technique avait été éprouvée par l’organisation GreatFire, spécialiste de la censure chinoise, avant que RSF ne la reprenne et ne l’étende.
Des dizaines de médias débloqués dans les pays les plus fermés
Lors de sa première vague, Collateral Freedom avait débloqué neuf sites d’information indépendants dans onze pays - parmi lesquels des médias russes, chinois, vietnamiens, iraniens, cubains ou du Golfe. Depuis, l’opération est reconduite et élargie chaque année : des dizaines de sites miroirs sont maintenus en permanence, avec une attention particulière aux médias visés par les grandes vagues de censure - presse indépendante russe après 2022, médias biélorusses, iraniens ou birmans.
Les critères de sélection de RSF n’ont pas changé : des médias qui publient une information indépendante, censurés dans des pays « ennemis d’Internet », et dont le travail journalistique est reconnu.
Les limites de l'approche - et là où le VPN prend le relais
Collateral Freedom est une riposte remarquable, mais l’ONG elle-même en connaît les fragilités :
- La diffusion des adresses : un miroir ne sert que si les internautes du pays censuré en connaissent l'adresse - d'où les campagnes de partage sur les réseaux sociaux, elles-mêmes surveillées.
- Les attaques par déni de service : les infrastructures cloud résistent bien, mais les attaques restent une menace permanente.
- La pression sur les hébergeurs : des États peuvent tenter d'obtenir le retrait des miroirs par la voie commerciale ou diplomatique.
- Et surtout, la surveillance des lecteurs : consulter un site miroir ne masque pas votre activité. Dans un pays où lire la presse indépendante peut valoir des ennuis, le blocage n'est que la moitié du problème - l'autre moitié, c'est d'être observé en train de le contourner.
C’est précisément là que le VPN complète l’approche des miroirs. Un VPN (réseau privé virtuel) chiffre l’intégralité de votre connexion et fait transiter votre trafic par un serveur situé dans un pays libre :
- Vous accédez directement aux sites censurés - sans dépendre de l'existence d'un miroir - puisque votre connexion sort dans un pays où l'accès n'est ni filtré ni restreint, parmi plus de 100 emplacements proposés par Le VPN.
- Votre fournisseur d'accès ne voit qu'un tunnel chiffré : personne ne peut dresser la liste des sites que vous consultez.
- Votre adresse IP réelle reste masquée, et vos mouvements en ligne ne peuvent pas vous être rattachés.
- Dans les pays qui bloquent les VPN eux-mêmes par inspection profonde des paquets (Chine, Russie, Iran, Myanmar…), le protocole Stealth WireGuard de Le VPN camoufle le trafic VPN en trafic ordinaire pour maintenir la connexion.
Une bataille collective, une protection individuelle
Le combat de RSF rappelle une chose essentielle : la liberté de l’information ne survit pas toute seule. Elle repose sur des organisations qui débloquent les sites, des journalistes qui continuent de publier malgré la censure - et des lecteurs qui se donnent les moyens de les lire en sécurité.
Pour votre part, la solution est à portée de main : un compte Le VPN protège jusqu’à 5 appareils simultanément, avec un chiffrement de niveau bancaire, les protocoles OpenVPN, WireGuard, Stealth WireGuard et IPSec/IKEv2, et une garantie satisfait ou remboursé de 30 jours sur le premier achat. Abonnez-vous à Le VPN et lisez la presse de votre choix, où que vous soyez - sans blocage, et sans témoin.
À propos de l'auteur
Rédactrice du blog Le VPN
Julie Perrin écrit pour le blog Le VPN sur la vie privée en ligne, la sécurité et l'usage pratique d'un VPN au quotidien. Ses articles aident les lecteurs à mieux comprendre les sujets liés à la sécurité numérique et à tirer le meilleur parti de leur connexion VPN.
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