Thaïlande : entre insécurité et censure sur Internet

Thaïlande : entre insécurité et censure sur Internet

La Thaïlande est l’un des pays où l’Internet n’a pas encore vraiment percé : le haut débit et la 3G y sont encore peu développés, la sécurité informatique est défaillante et la censure internet est véritablement omniprésente. En dehors de Bangkok et des grandes villes, l’accès à Internet est extrêmement lent. Côté sécurité, la Thaïlande figure par contre sur le podium, en troisième place sur la liste des pays les plus infectés par des virus ou des malwares informatiques. Selon le cabinet d’étude Sophos, un utilisateur qui surfe sur le Web en Thaïlande a 20% de chance de rencontrer des logiciels malveillants.Pour lutter contre la criminalité informatique, la Thaïlande a adopté en 2007 le Computer Crime Act, dont le but est essentiellement de réprimer les délits informatiques et sur internet (tels que le fishing ou le hacking). Or, cette loi porte également sur le contrôle de l’information diffusée sur Internet et censure la liberté de parole et d’action sur Internet.

Google a ainsi renoncé à développer certains de ses produits en Thaïlande, comme Youtube, afin de ne pas risquer de subir les sanctions prévues par l’article 15 de la loi de 2007. Depuis l’adoption du Computer Crime Act, ce sont en effet plus de 80.000 sites qui ont été censurés par la police thaïlandaise.

Pourtant, cette loi a été créée dans le but de sanctionner les activités illégales sur Internet, comme les données pornographiques et les adresses piratées qui peuvent porter préjudice à une personne, à la sécurité publique ou encore des activités liées au terrorisme.

Cette loi a un impact extrême sur la liberté d’expression. Elle étend la responsabilité pénale aux fournisseurs Internet et légalise la censure. Entre juillet 2007 et décembre 2011, 81 000 urls ont ainsi été fermés, que ce soit pour diffamation, critique contre le gouvernement ou fraude. Et il arrive que l’application de la loi de 2007 se combine avec celle de la loi concernant le crime de lèse-majesté, qui peut entrainer des condamnations encore plus lourdes et conduire à des peines allant jusqu’à 15 années de prison. Certaines personnes ont ainsi été arrêtées pour avoir simplement écrit des commentaires sur le rôle de la monarchie dans la politique thaïlandaise : les propos reprochés aux accusés ne sont d’ailleurs jamais publiés, puisque cela reviendrait à enfreindre la loi…

En Septembre 2015, la Thaïlande a encore monté d’un cran sa censure et sa lutte contre un internet libre : son gouvernement a en effet ordonné la création d’un « grand pare-feu de Thaïlande », très inspiré forcément du fameux pare-feu chinois. Son objectif  est simple : être en mesure de bloquer le contenu de certains sites et autres applications, mais aussi être capable de surveiller l’accès à Internet de tous les citoyens thaïlandais.

Après la Chine, l’Iran, la Russie et la Turquie, c’est donc désormais au tour de la Thaïlande de tenter d’organiser une censure en ligne à grande échelle.

Le public ne saurait probablement rien des intentions de la junte sans la curiosité d’un développeur thaïlandais installé au États-Unis . Ce dernier a en effet découvert tout cela par hasard, alors qu’il parcourait les archives officielles listant les résolutions adoptées par le cabinet au cours de ces derniers mois et qui étaient disponibles en ligne.

Selon le site d’information TECHINASIA, cette décision de la junte vient contrer les mesures mises en place ces dernières années dans le but de garantir aux habitants du pays un accès à un Internet plus fiable et plus rapide. Cela va aussi venir bousculer les plans du nouveau ministre des télécommunications thaïlandais, Uttama Savanayana. Ainsi, il y a peu, il avait indiqué vouloir faire de son pays le centre névralgique de l’échange de données dans cette région du monde. Or la mise en place de ce « grand pare-feu » devrait, au-delà de l’aspect des libertés, provoquer également un ralentissement de la navigation pour tous les internautes.

Si le pays a déjà fortement recourt à la censure en ligne –  la Thaïlande a occasionnellement dans le passé bloqué des sites d’opposants politiques ou de critiques de la monarchie -, le fait de mettre en place une porte d’entrée unique pour accéder à Internet simplifierait tout de même amplement le travail des censeurs. En effet, si la loi devait être amendée en conséquence, le gouvernement pourrait de fait décider de façon unilatérale du blocage d’un site web, sans même devoir requérir un ordre de justice ni même avoir à demander aux fournisseurs d’accès à internet (FAI) de coopérer.

A la censure en ligne s’ajoute également une forme de censure plus primaire, voire même une forme d’autocensure, dans le pays. La Thaïlande se situe en effet à la 136ème place sur 179 pays dans le classement mondial 2016 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, descendant encore de 2 rangs.

Pour surfer librement en Thaïlande et accéder aux sites de votre choix, optez pour un VPN : vous pouvez domicilier votre adresse IP dans l’un des 114 pays proposés par Le VPN. Vous pourrez ainsi changer votre adresse IP qui sera rendue anonyme, ce qui fait que même votre FAI ne pourra suivre votre activité sur Internet : vous pourrez vous connecter aux sites qui vous intéressent, téléchargez les contenus de votre choix et publier ce que vous souhaitez, et cela en toute sécurité.

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