Comment la surveillance du gouvernement influe-t-elle sur la censure automatique ?
De quelle manière la surveillance gouvernementale du web impacte-t-elle le comportement des internautes ? Comment pousse-t-elle chacun de nous à l’autocensure, comment affecte-t-elle la société — et comment s’en protéger ?
La surveillance en ligne influence-t-elle le comportement des internautes ?
Pour comprendre comment la surveillance influence Internet, il faut d’abord se demander si le simple fait d’être observé modifie le comportement. La réponse est oui — mais tout dépend des circonstances. Quelqu’un qui ignore être surveillé agit naturellement ; quelqu’un qui se sait observé change de comportement. Un criminel conscient de la surveillance monte une mise en scène et dissimule ses activités derrière un écran de fumée. Mais l’effet le plus profond ne concerne pas les criminels : il concerne tous les autres.
- Le principe d'incertitude de Heisenberg a d'abord été formulé pour décrire les limites de la mesure en physique. Il s'applique désormais, par analogie, à bien des aspects de la vie : on ne peut jamais être certain que ce que l'on observe se déroule dans son état naturel, car l'acte d'observation modifie l'objet observé.
Même les internautes les plus honnêtes finissent par baisser le ton lorsqu’ils se sentent observés. On évite les sujets politiques sensibles, on arrondit les angles, on se tait. Voici les trois comportements les plus courants que la surveillance en ligne induit :
1. Ne pas faire connaître ses opinions en ligne. Par peur de ce que pourrait en penser le gouvernement, un employeur, la famille ou les amis, beaucoup s’abstiennent tout simplement de s’exprimer — à rebours de la promesse des réseaux sociaux, censés favoriser la liberté d’expression et l’échange d’idées.
2. Éviter les discussions politiques et religieuses. Le vieux conseil de ne jamais parler politique ou religion à table s’est étendu à Internet : à mesure que l’expression en ligne prend de la place, le désir d’éviter les sujets qui attirent l’attention grandit avec elle.
3. Se ranger derrière le statu quo. Pour ceux qui craignent l’exclusion, se taire ne suffit parfois pas : ils en viennent à afficher leur accord avec l’opinion majoritaire, uniquement pour se fondre dans la masse et échapper au regard des autres.
Ce que la recherche nous apprend sur l'autocensure
Le point de bascule dans la prise de conscience mondiale reste les révélations d’Edward Snowden en 2013 : la démonstration que la NSA opérait un programme de surveillance de masse, aux États-Unis comme à l’étranger, et que n’importe quel gouvernement pouvait en faire autant. Depuis, les chercheurs ont documenté avec précision ce que cette prise de conscience a changé dans nos comportements.
La surveillance d’Internet, concrètement, c’est la collecte et le filtrage de quantités massives de données — le Big Data et son exploitation, le data mining. Chaque recherche, chaque site visité, chaque publication, chaque conversation et chaque achat laisse une trace numérique. Reliées entre elles, ces traces dessinent un portrait extrêmement précis de nous, jusqu’à notre façon de penser. Entre les mains d’un État, ces bases de données peuvent servir à limiter la criminalité — mais tout aussi bien à isoler, catégoriser et réprimer une opposition silencieuse.
Une étude de l’université Wayne State, publiée dans Journalism and Mass Communication Quarterly, a mesuré l’effet directement. Des participants étaient exposés à des informations, puis interrogés sur leur volonté de réagir publiquement ; on rappelait à la moitié d’entre eux que le gouvernement pouvait surveiller leurs réponses. Résultat sans appel : ceux à qui l’on avait rappelé la surveillance réduisaient considérablement leur expression, et ceux qui se sentaient minoritaires se taisaient plus encore.
« L’adoption de techniques de surveillance, tant par le gouvernement que par le secteur privé, porte atteinte à la capacité qu’a Internet de servir de plate-forme neutre pour des échanges honnêtes et ouverts. » — Elizabeth Stoycheff, autrice de l’étude.
Ce mécanisme porte un nom : la spirale du silence, théorie formulée par Elisabeth Noelle-Neumann en 1974. Les individus qui estiment leurs opinions minoritaires ont tendance à se taire, par peur de l’isolement et par peur des représailles — perte de statut, d’emploi, voire emprisonnement dans les régimes les plus durs. Plus la majorité s’exprime, plus la minorité s’éloigne du débat, et la spirale s’auto-entretient. Les médias et Internet accélèrent puissamment ce phénomène, car ils rendent l’opinion dominante visible en permanence.
D’autres travaux convergent. Le Pew Research Center a montré que si la grande majorité des internautes se disaient prêts à discuter de la surveillance gouvernementale en personne, moins de la moitié acceptaient de le faire sur Facebook ou en ligne. Une étude restée célèbre, Chilling Effects: Online Surveillance and Wikipedia Use, a constaté que les révélations sur la NSA avaient provoqué une chute durable — peut-être permanente — de la consultation des pages Wikipédia portant sur des sujets sensibles. Et une enquête d’Amnesty International menée dans 13 pays a révélé un paradoxe : la plupart des gens refusent d’être surveillés en ligne, mais s’inquiètent bien moins de la surveillance que leur gouvernement exerce sur les autres.
- Notons l'ironie méthodologique : la peur de la surveillance peut influencer jusqu'aux réponses des sondages sur la peur de la surveillance. Un répondant inquiet peut adapter ses réponses à ce qu'il croit être « bon » de dire — ce qui suggère que ces études sous-estiment probablement l'ampleur réelle de l'autocensure.
Comment la surveillance d'Internet affecte la société
- Déplacement des centres de pouvoir. Plus l'observateur en sait sur nous, plus il peut nous catégoriser, prédire nos comportements et exercer discrimination, coercition ou application sélective des règles. Une lecture erronée des données peut valoir à un innocent une attention « spéciale », sans recours possible. La surveillance renforce le sentiment de puissance de l'observateur et le sentiment d'impuissance de l'observé.
- Dérives criminelles. Le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument. La surveillance peut prévenir des crimes, mais elle engendre aussi ses propres abus : délits d'initiés, vol de secrets d'affaires, chantage, harcèlement — autant d'usages criminels possibles des données collectées.
- Affaiblissement de la citoyenneté. La surveillance freine l'exercice des libertés civiles, l'expression d'idées nouvelles et l'évolution de la société. Le juriste Neil M. Richards soutient que la vie privée intellectuelle est la clé d'une société libre : la surveillance protège le statu quo, et avec lui, elle étouffe le processus démocratique.
- Suspicion, paranoïa et culpabilité. Dans une société sous surveillance, chacun finit par se méfier de chacun. Suis-je observé ? Suivi ? Les chercheurs ont constaté que vivre sous contrôle constant nourrit la paranoïa et peut aller jusqu'à créer un sentiment diffus de culpabilité chez des personnes qui n'ont rien à se reprocher.
- Division de la société. La surveillance polarise : d'un côté les observateurs, de l'autre les observés. Droits et privilèges se distribuent selon des critères souvent subjectifs, et le groupe des observateurs tend à renforcer son pouvoir par toujours plus de contrôle sur les parties « suspectes » de la société.
- Le malheur, tout simplement. Quand on ne peut plus se déplacer sans être suivi, écrire sans être lu, naviguer sans être surveillé, on éprouve colère, ressentiment et impuissance. Une société de surveillance est une société malheureuse — pour les surveillés comme pour les surveillants.
Comment échapper à la surveillance gouvernementale sur Internet
Résister à la surveillance est l’affaire de tous, si nous voulons que la société continue de progresser. L’ironie de l’histoire : l’outil le plus efficace pour y parvenir — le VPN — est une technologie née au sein même des sphères gouvernementales et militaires, conçue pour créer des connexions sûres et chiffrées sur des réseaux publics.
Un VPN (Virtual Private Network, réseau privé virtuel) utilise des protocoles de « tunneling » pour envelopper votre connexion dans un tunnel chiffré, qui contourne les points de passage de votre fournisseur d’accès pour rejoindre un serveur dédié. Ce serveur vous attribue une nouvelle adresse IP avant d’acheminer votre trafic vers sa destination. Résultat : votre connexion apparaît anonyme, illisible et impossible à relier à votre identité réelle.
Concrètement, un VPN vous apporte :
- Le masquage de l'adresse IP. Quiconque observe un site que vous visitez ne peut pas remonter jusqu'à vous, ni agréger les données collectées à votre sujet. Vérifiez par vous-même ce que les sites voient de vous avec le test d'adresse IP de Le VPN.
- Des connexions opaques. Votre fournisseur d'accès — et quiconque surveille son infrastructure — ne voit qu'un flux chiffré, sans en connaître ni le contenu ni la destination.
- Une nouvelle géolocalisation. En choisissant un serveur parmi plus de 100 emplacements en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient, en Asie-Pacifique et en Afrique, vous apparaissez dans le pays de votre choix.
- La protection mobile. Les applications Le VPN pour iOS et Android protègent smartphones et tablettes, avec jusqu'à 5 connexions simultanées par compte.
- Un chiffrement de haut niveau. Avec les protocoles OpenVPN, WireGuard, Stealth WireGuard et IPSec/IKEv2, même une connexion interceptée reste indéchiffrable. Le protocole Stealth WireGuard va plus loin : il camoufle le trafic VPN lui-même, pour échapper à l'inspection profonde des paquets dans les pays qui traquent les VPN.
Que la surveillance influence nos comportements en ligne ne fait plus débat : la recherche l’a démontré. La vraie question est de savoir ce que chacun de nous décide d’y faire. Abonnez-vous à Le VPN — avec une garantie satisfait ou remboursé de 30 jours sur le premier achat — et utilisez pour protéger votre vie privée la même technologie que les gouvernements utilisent pour protéger la leur.