Que retenir de l’affaire Sony / The Interview ?

Que retenir de l’affaire Sony / The Interview ?

L’espace cybernétique serait-il en train de devenir l’objet d’affrontements importants entre les entreprises, les gouvernements et les institutions ? Il semble toutefois que ce petit monde ne soit pas encore complètement prêt pour cela. Ce que nous venons de vivre dans l’affaire Sony et  son film «The Interview» en est un parfait exemple.

Ce n’est pas la première fois, malheureusement, que des pirates pénètrent dans le système d’information d’une entreprise. Mais dans le cas de Sony, nous avons affaire à plusieurs dimensions de cette guerre cybernétique, ce qui rend cette affaire hors norme et fait dire qu’il s’agit d’une étape importante de ce nouveau type de conflit.

  1. Cela concerne une intrusion massive : elle touche l’ensemble des informations sensibles qu’une entreprise peut faire circuler sur l’Internet : comptes, e-mails, mémos, notes confidentielles… Ceux qui ont lancé cette attaque affirment avoir récupéré 100 téraoctets de données, l’équivalent de 10.000 films sur DVD. C’est le cœur même de l’entreprise, de son fonctionnement, de ses relations avec l’extérieur, qui a ainsi été touché !
  1. En général, ce type d’informations dérobées n’est pas toujours révélé au public.Dans l’affaire Sony, le fait qu’elles se sont retrouvées exposées au public, alors que ce n’était pas l’objet, a aggravé les conséquences de ce vol de données. Seule une infime partie des informations subtilisée a pour l’instant été divulguée sur des sites comme The Pirate Bay, Github ou Pastebin.
  2. Sony Pictures n’est pas un groupe stratégique, comme pourraient davantage l’être un groupe d’énergie, d’aéronautique ou de défense. Les enjeux techniques et politiques ne sont, à première vue, peu élevés pour Sony…
    Mais, au final, cette affaire montre que toute information confidentielle concernant quelque entreprise que ce soit, peut se transformer en bombe, dès qu’elle est révélée. Un email portant sur les goûts en matière de cinéma du président Obama peut paraître anodin, mais dans un contexte interne à Sony et s’agissant de professionnels du cinéma. Quand elles sont révélées au public, ces remarques ont un tout autre impact.
  1. Cette affaire prouve qu’une entreprise, à l’instar d’un individu peut être l’objet d’un chantage. La menace physique d’attentats contre les salles qui diffuseraient «The Interview» accompagne et renforce encore l’attaque cybernétique. Dans un cas comme celui-ci où la liberté d’expression est menacée, on comprend que l’entreprise refuse d’exposer des personnes physiques à des risques d’attentats potentiels, car ses dirigeants seraient en échange susceptibles d’être rendus responsables de ces conséquences.
  2. Cette affaire montre la difficulté qu’éprouvent les Etats à exercer des représailles. Les représentants de l’état américain en la personne de Barack Obama croient, en citant la Corée du Nord, avoir identifié les agresseurs, et ont évoqué des réponses adaptées. Toutefois, dans une guerre cybernétique, quelles sont les mesures qui doivent être mises en place? Quelles sont les cibles à viser ? Le territoire est immense et inconnu, et implique de nombreux intervenants et éventuels dommages collatéraux.
  3. Pour Hollywood c’est un coup dur, qui montre qu’une grande partie de l’activité est constituée de films qui peuvent être considérés comme ayant un contexte politique, vu qu’ils se déroulent sur des fonds de conflits ou qu’ils abordent le sujet du terrorisme. La presse américaine a révélé d’ailleurs que certains responsables du département d’Etat ne voyaient pas d’un mauvais œil le sujet de «The Interview», l’assassinat du dirigeant nord-coréen, et son remplacement par un gouvernement plus démocratique. Ce genre de sujet peut devenir de plus en plus difficile à traiter et c’est donc une partie du modèle économique du cinéma américain qui est en risque.

L’affaire Sony marque véritablement une nouvelle étape dans la guerre cybernétique. Car si Sony a réussi à retourner un peu la situation pour profiter du buzz créé autour de The Interview en diffusant finalement ce film sur internet aux américains, l’entreprise a perdu des millions.

Cet épisode prouve qu’en plus d’avoir  un impact économique très élevé, ce type d’agression comporte aussi des risques en matière de réputation et que les moyens de réponse sont compliqués à concevoir et à appliquer. Cela devrait aussi faire réagir les entreprises sur les mesures à intensifier pour garder leurs données secrètes.

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