Le design anticipatif vous piste

Le design anticipatif vous piste

L’année 2017 sera-t-elle l’année du design anticipatif ? Google, comme Uber et d’autres entreprises high-tech et marques diverses recherchent effectivement les moyens d’anticiper vos actions avant même que vous n’y pensiez. Cette stratégie peut être gagnante, en termes sonnants et trébuchants, mais n’est pas sans risques.

Imaginez, vous sortez du bureau un vendredi soir : avant même de franchir la porte, votre smartphone vous indique qu’il y aura peut-être des averses vers 20h00 et qu’il serait avisé d’emporter votre un parapluie.

Vous sortez de l’immeuble et ouvrez l’application Uber. Et là, ô surprise : l’adresse du restaurant où vous devez vous rendre y figure déjà. Vous commencez à écrire un sms en indiquant les mots « voici l’adresse du restaurant… », et votre smartphone complète de manière automatique votre message par « … 28 boulevard Blériot ». On dirait une scène de film d’anticipation ou de science-fiction mais ce qui est inquiétant au-delà d’être surprenant c’est qu’on est déjà dans la réalité.

C’est ce que l’on appelle le design anticipatif, à savoir  la capacité qu’ont des applications à vous suggérer des informations ou des services, sans toutefois que vous n’ayez sollicité de l’aide ou de votre propre chef envoyer des données.

Comment cela fonctionne : en fait, en fonction de votre géolocalisation, mais aussi des rendez-vous prévus dans votre agenda ou de vos habitudes d’utilisation, des applis comme celles de Google Now, Uber – c’est aussi le cas sur la dernière version d’Android qui intègre désormais le SMS prédictif – peuvent prévoir l’anticipation de votre prochaine action, alors que vous n’y avez même pas encore pensé.

Cette tendance pourrait juste être une super avancée technologique de plus. Or, si l’histoire du design des interfaces était, jusque-là, principalement centrée sur l‘action de l’utilisateur – la réaction de la machine, de nouvelles technologies font évoluer cette approche.

Ainsi, grâce à l’interconnexion des API (Interface de Programmation qui permet de se « brancher » sur une application pour échanger des données) et l’exploitation croissante de la géolocalisation ont fortement développé les sources possibles de données : si l’on reprend l’exemple d’Uber, l’appli connait d’où vous partez, les rendez-vous qui sont inscrits dans votre agenda depuis  ce début d’année et aussi vos habitudes de trajet à une heure de la journée donnée.

Par ailleurs, le développement de l’intelligence artificielle et du machine learning a fortement affiné l’efficacité des suggestions. Les algorithmes proposent puis les hypothèses sont vérifiées en quasi-temps réel avant que les suggestions ne soient de nouveau affinées.

Si les marques arrivent à nous aider en simplifiant notre quotidien par des outils d’aide à la décision qui se trouvent dans notre poche, elles évitent ainsi la concurrence et font de la marge directement.

Les marques se rendent compte que leurs applis sont peu ou pas utilisées : des statistiques montrent que l’engagement des mobinautes avec les applis tombe très rapidement. Avec cette logique d’anticipation des besoins de ses utilisateurs, la marque devient proactive et  recrée du lien avec l’utilisateur et des occasions d’utiliser ses conseils et services.

Mais le design anticipatif comporte des risques :

  • Caractère intrusif: le design d’anticipatif est basé sur la capacité à collecter des données sur l’utilisateur pour lui proposer des choix pertinents. Les utilisateurs savent désormais que leur smartphone ou leurs applications permettent d’exploiter à leur insu des informations les concernant, mais le fait de prouver cette connaissance des habitudes de l’utilisateur, de sa vie privée et de sa localisation est risqué : le mobinaute peut avoir une mauvaise expérience avec la marque voire rejeter cette dernière.
  • Faible pertinence : cela est lié au premier point. Si une connaissance trop poussée est intrusive, le design anticipatif porte un impératif de pertinence qui ne peut se faire sans collecte de données. Si Uber vous proposait des localisations ou suggestions erronées, vous ne manqueriez pas de désinstaller l’application. Le paradoxe entre vie privée et personnalisation révèle ainsi la schizophrénie du consommateur moderne : si nous sommes opposés, souvent par principe, à la collecte de données personnelles nous concernant, nous sommes friands des éléments de personnalisation que nous proposent les marques (offres ciblées et historiques d’achat ou d’utilisation…).
  • La surexploitation : pour nombre d’usages, le design anticipatif implique que les applications captent en permanence tous vos signaux comportementaux et consomment du coup beaucoup de bande-passante et de batterie. D’où le fait que votre smartphone soit déchargé de plus en plus tôt dans la journée.
  • La confiance : Aaron Shapiro, créateur du concept du design anticipatif,  explique : « la prochaine innovation de rupture en matière de design et de technologie sera la création de produits et services qui éliminent les choix inutiles de nos vies en les faisant à notre place.»

Alors êtes-vous prêt à laisser Google, Uber ou Apple décider pour vous ?

Pour réduire les traces que les marques captent sur vous, voici quelques astuces. Limitez l’usage de la géolocalisation en modifiant vos paramètres. Supprimez régulièrement votre historique de navigation. Et utilisez un VPN pour masquer votre identité et pouvoir surfer de manière anonyme.

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