Lois sur la censure sur Internet en Russie : blogueurs de l'opposition et journalistes visés
La censure en Russie ne cesse de s’accroître, et Internet en est devenu le premier champ de bataille. Loi après loi, le Kremlin a bâti l’un des systèmes de contrôle du web les plus étendus au monde, visant en priorité les blogueurs de l’opposition, les journalistes indépendants et les plateformes étrangères. Retour sur cette escalade législative - et sur les moyens qui restent aux internautes pour la contourner.
2012 : la liste noire fondatrice
Tout commence en 2012, au moment où Vladimir Poutine reprend le pouvoir au Kremlin. Une loi controversée crée un registre national des sites interdits, permettant de bloquer sans décision de justice tout contenu jugé « non autorisé » ou « extrémiste ». Officiellement, le texte vise la pédopornographie, le suicide et la drogue. En pratique, sa formulation vague en fait une arme contre les blogueurs et journalistes critiques, en particulier dans le Caucase du Nord. Le régulateur des télécommunications, le Roskomnadzor, est chargé de tenir cette liste noire - qui n’a cessé de s’allonger depuis.
2014-2016 : surveillance et rétention des données
En 2014, des amendements autorisent le pré-blocage de sites appelant à des manifestations ou jugés « extrémistes », sans aucun contrôle judiciaire. La même année, la « loi des blogueurs » impose à tout auteur suivi par plus de 3 000 lecteurs de s’enregistrer auprès de l’État, comme un média. Ces textes servent ensuite à exiger de Facebook, YouTube et Twitter le retrait de contenus dits illégaux.
En 2016, les lois dites « Yarovaya » obligent opérateurs télécoms et services Internet à stocker les messages, appels et données des utilisateurs pour les transmettre aux « agences gouvernementales appropriées » sur simple demande. Edward Snowden, alors réfugié en Russie, qualifie lui-même ces dispositions de dangereuses et inapplicables.
2019 : l'« Internet souverain »
Nouvelle étape majeure : la loi sur l’« Internet souverain » donne à l’État les moyens techniques de centraliser le routage du trafic russe et, en théorie, d’isoler le pays du réseau mondial. Elle impose l’installation d’équipements d’inspection profonde de paquets (DPI) chez tous les opérateurs - l’infrastructure qui permet aujourd’hui de ralentir ou bloquer des services entiers, et de traquer les protocoles VPN.
Depuis 2022 : le grand verrouillage
Après l’invasion de l’Ukraine, la censure change d’échelle. Facebook et Instagram sont bloqués, leur maison mère Meta étant déclarée « organisation extrémiste ». Twitter (devenu X) est bloqué, YouTube massivement ralenti. Des centaines de médias indépendants et étrangers sont rendus inaccessibles, tandis que les lois sur les « agents de l’étranger » et sur les « fausses informations » concernant l’armée exposent journalistes et simples internautes à de lourdes peines. Les organisations de défense de la presse, Reporters sans frontières en tête, classent depuis des années la Russie parmi les pires pays au monde pour la liberté de l’information en ligne.
Dernier front en date : les VPN eux-mêmes. Les autorités bloquent les services VPN non approuvés, font retirer leurs applications des magasins locaux et utilisent le DPI pour détecter et couper les protocoles VPN classiques. L’application iOS de Le VPN a d’ailleurs été retirée de l’App Store russe à la demande du Roskomnadzor - les utilisateurs russes peuvent changer le pays de leur App Store ou passer par une autre plateforme.
Comment contourner la censure russe avec un VPN
Malgré cette pression, un VPN reste la solution la plus efficace pour retrouver un Internet complet depuis la Russie - que vous y viviez, y voyagiez ou y soyez expatrié :
- Installez le VPN avant d'entrer sur le territoire : les sites des fournisseurs VPN sont souvent bloqués depuis la Russie.
- Utilisez le protocole Stealth WireGuard. C'est le point décisif : les protocoles classiques (OpenVPN, WireGuard standard) sont de plus en plus souvent détectés et coupés par le DPI russe. Stealth WireGuard camoufle le trafic VPN en trafic ordinaire, précisément pour fonctionner dans les pays à censure lourde comme la Russie, l'Iran ou la Chine.
- Connectez-vous à un serveur hors de Russie - en Europe pour retrouver les réseaux sociaux et médias bloqués. Le VPN propose des serveurs dans plus de 100 emplacements dans le monde.
Une fois connecté, votre adresse IP réelle est masquée (vérifiez-le sur la page tester votre adresse IP) et votre trafic est chiffré en AES-256 : ni votre opérateur, ni les équipements de surveillance ne peuvent lire vos communications ou savoir quels sites vous consultez. Vous accédez de nouveau aux réseaux sociaux, aux médias indépendants et à vos services habituels, et gardez le contact avec vos proches partout dans le monde.
Un abonnement Le VPN couvre jusqu’à 5 appareils simultanément, avec une garantie satisfait ou remboursé de 30 jours sur le premier achat. Face à des lois de censure qui s’empilent année après année, c’est l’outil le plus simple pour conserver ce que ces textes cherchent à confisquer : un Internet libre.
À propos de l'auteur
Rédactrice du blog Le VPN
Julie Perrin écrit pour le blog Le VPN sur la vie privée en ligne, la sécurité et l'usage pratique d'un VPN au quotidien. Ses articles aident les lecteurs à mieux comprendre les sujets liés à la sécurité numérique et à tirer le meilleur parti de leur connexion VPN.
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