Le gouvernement australien abandonne les blocages obligatoires sur Internet

Le gouvernement australien abandonne les blocages obligatoires sur Internet

En Australie, l’avis des habitants est partagé cette semaine, compte tenu du fait que le gouvernement a décidé d’abandonner les plans des cinq dernières années, à propos des blocages et du filtre des sites pornographiques concernant les enfants sur le web. D’autres contenus similaires étaient censés avoir aussi été bloqués, mais le gouvernement a fait machine arrière et a changé d’avis.
Le ministre en charge de la communication en l’Australie, M. Stephen Conroy, a indiqué que plutôt que de mettre un filtre nécessaire sur le web, le gouvernement a pris contact avec les fournisseurs de services Internet pour bloquer plus de 1400 sites pornographiques concernant des enfants. Ce sont les sites qui sont sur une liste fournie par Interpol. Trois des plus grandes entreprises Optus, Primus et Telstea avaient déjà bloqué ces sites, du coup, de nombreuses personnes se demandent si cette décision du gouvernement est vraiment une mesure radicale pour empêcher les pédophiles d’accéder à la pornographie, alors que les principaux fournisseurs d’accès avaient déjà bloqué les sites concernés.
On rapporte que M. Conroy a annoncé que le gouvernement est parvenu à un accord avec les fournisseurs de services Internet pour tenter de bloquer la pornographie concernant les enfants. De nombreuses critiques se sont élevées contre cette nouvelle action, en indiquant que le filtrage de sites prévus par la loi mettrait la censure sur Internet en Australie au même niveau que celle qui existe en Chine. Les États-Unis ont aussi remis en question cette démarche, en disant que cela amènerait des pays libres dans une situation où la démocratie serait mise à mal. Mais encore une fois, le point porte sur l’accès à ce type de matériau : cela doit-il être libre d’accès ou condamné ? C’est une question très controversée.
La nouvelle démarche mise en place représente une approche très réductrice de la maltraitance des enfants et du filtre censé exister par pays. A l’inverse, l’ancienne règle consisterait à mettre à jour régulièrement les sites qui ont été répertoriés comme interdits. Cela aurait aussi permis de bloquer des sites de terrorisme, tout ce qui se rapporterait à la criminalité et à l’abus de drogues et tout ce qui aurait été considéré comme trop violent. Beaucoup disent que cela impliquait de bloquer des sites qui ne portent aucunement préjudice, et que cela aurait rendu l’Internet plus lent. Cela est aussi perçu comme limitant la liberté d’expression, faisant se rapprocher la censure d’Internet en Australie de celle de la Chine, où les internautes utilisent déjà régulièrement des services VPN pour la plupart de leur navigation sur Internet.

On pense que les nouvelles interdictions n’auront pas d’impact sérieux sur l’Internet en Australie, et beaucoup pensent que la règle précédente était beaucoup mieux. Le chef de l’Internet, M. Peter Lee, a estimé qu’il est en fait ravi de la décision et est très heureux de constater que l’accent sera mis uniquement sur la maltraitance des enfants et sur la pornographie. Le gouvernement a rapidement oublié son engagement à l’égard de l’utilisation d’Internet en 2007, sa décision d’ensemble de ne pas mettre en place la nouvelle législation est très décevante, a déclaré M. Jim Wallace. Les avis diffèrent et la polémique est forte. On pense que la décision globale est basée sur l’idée qu’obtenir l’accord du Parlement serait presque impossible et contraire à la liberté des individus. C’est un triste état de choses quand un gouvernement recule sur ses promesses, mais aussi quand les gens semblent penser que la pornographie concernant les enfants devrait être accessible. Alors, qui sait ce que l’avenir réserve à l’Internet en Australie et dans d’autres pays en ces temps changeants.

 

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