En Iran, Internet est un outil de résistance et d’espionnage

En Iran, Internet est un outil de résistance et d’espionnage

En Iran, Internet est un outil de résistance et d’espionnage. Pourtant, le 12 Décembre, le Parlement européen a remis le prix Sakharov 2012 « pour la liberté de l’esprit » à l’avocate Nasrin Sotoudeh et au réalisateur Jafar Panahi. Mais aucun de ces deux Iraniens n’était présent pour recevoir  son prix, tous deux ayant été condamnés à des peines de prison ou d’assignation à résidence.

Avec l’augmentation de la répression en Iran, la résistance au régime s’est organisée, notamment grâce à Internet.  L’Iran est en effet le pays du Moyen-Orient le plus connecté sur Internet, avec plus de 36 millions d’internautes pour une population de 75 millions d’habitants. Et ce pays connaît depuis la dernière élection présidentielle de juin 2009 des années noires sur le plan des droits de l’homme. Car la répression continue d’augmenter.

Pour contourner les interdictions, les Iraniens ont développé une résistance qui passe de plus en plus par le web : c’est « Une échappatoire à l’emprise du système »,  analyse Hanieh Ziaei, chercheuse à l’Université Paris-Diderot et à l’Université d’Ottawa. Malgré tous les filtrages du gouvernement, « Facebook est toujours utilisé et les blogueurs sévissent toujours sur le net, « Les blogs créent un espace libre d’expression, sur les sujets de société, de culture et aussi sur les débats politiques. C’est aussi un moyen d’échanges d’informations pour les exilés qui vivent à l’extérieur et veulent s’informer sur ce qui se passe à l’intérieur du pays. »

Mais la pression sur les blogueurs est forte, leur vie même est menacée. Alors pour échapper au traçage des blogs par les services du gouvernement, un véritable jeu du chat et de la souris s’est engagé. Aussitôt fermé, un blog est rouvert sous un autre nom.

 « En Iran, il y a une vraie présence de “Net citoyens”,  observe Hanieh Ziaei. Le fait que le gouvernement tente à tout prix de contrôler le web par des mesures de filtrage montre une reconnaissance de cette forme de résistance.

Internet est surtout utilisé par une classe sociale iranienne éduquée, plutôt citadine, âgée entre 20 et 45 ans, qui a les moyens de payer des accès Internet plus rapides pour pouvoir notamment télécharger photos et films. Il se développe rapidement car la population iranienne est très éduquée et vit de plus en plus dans les villes, où l’accès à Internet est facilité. Mais le gouvernement ne peut pas interdire Internet car c’est aussi un moyen pour lui de contrôler et de savoir qui fait quoi. Comme le confirme Hanieh Ziaei : « Internet est un outil d’espionnage ».  

Conscient de l’importance de ces nouveaux réseaux, comme YouTube où circule toujours la vidéo de la jeune Neda, tuée par balle par les milices du régime et devenue emblématique de la répression du régime en 2009, le gouvernement iranien a contre-attaqué en lançant il y a quelques jours sa propre version de YouTube, afin de promouvoir des « produits de valeur », selon le vice-président de la radio-télévision iranienne (Irib), Lotfollah Siahkali. 

Le gouvernement a aussi annoncé le lancement progressif d’un « Internet national », en parallèle au réseau mondial, destiné à être utilisé par les administrations, les entreprises et les particuliers.

Les services du VPN vous permettent d’éviter toute censure sur Internet, puisque vous pouvez choisir votre pays de connexion. Ainsi, une personne habitant en Iran peut choisir de domicilier sa connexion dans l’un des 12 pays où l’accès n’est pas restreint et d’accéder ainsi dans l’anonymat aux sites de son choix, même si ce sont des sites bloqués ou surveillés. 

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